Le genre de conditions qu'on aimerait bien avoir plus souvent cet hiver....
Pas beaucoup d’inspiration et pas grand-chose de passionnant à raconter niveau surf ces derniers temps. De la même manière que nous vivons au rythme des swells, il faut savoir accepter les moments de vide, le calme et le silence qui permettent parfois de se recentrer et de mieux profiter des instants pleins et palpitants. Le surf exigera de vous ou vous apprendra la patience (d’attendre la bonne vague, de parfois savoir laisser la première vague de la série à votre voisin, d’attendre le bon créneau de marée pour surfer le meilleur spot, d’attendre que le vent tombe…), le choix et le discernement (du spot, de la planche quand on a la chance d’en avoir plusieurs sous la main, de la mise à l’eau…), la respiration (dans les manœuvres comme dans les arts martiaux, pour de bonnes boîtes intempestives,…), ...
C’est ainsi que la chasse aux belles vagues hivernales est ouverte depuis plus d’un mois maintenant et toujours rien d’exceptionnel à se mettre sous la dent. Après un bon mois de Novembre, on dénombre depuis sur la Bretagne Sud et globalement sur l’ensemble de la Bretagne bien trop peu de sessions parfaites en comparaison des derniers hivers qui nous arrosaient de houle offshore pendant trois à quatre semaines minimum avec parfois un froid de canard mais avec la meilleure des contreparties : moins de braves sur les spots et du vent off régulier sur la plupart des zones de surf bretonnes !
Crédit Photo: Yannick DELONGLEE/ http://www.yd-photographies.fr ; On préfèrerait mettre des gants et se cailler les noix sur le parking pour avoir le lip au-dessus de la tête ...
En Décembre, on a essuyé quelques tempêtes avec de la grosse houle accompagnée de vents très forts qui basculaient vite Ouest-Nord-Ouest modéré. De quoi flinguer les bancs de sable en passant et pas mal de possibilités de replis. Point d’orgue de cette période maussade, le mauvais temps nous a envoyé un gros tas de ferraille mazouté à la côte pour Noël, pfffff…
Depuis le début du mois de Janvier, mis à part un intermède de deux-trois jours de bon surf, on a de la houle moyenne souvent orientée dans le même sens que le vent qui offre donc peu de bonnes opportunités pour scorer de très bonnes sessions, pffff...
Pour résumer, l’eau est chaude pour un mois de janvier mais le surf est médiocre à peu près tous les jours. Mieux vaut peut-être ça qu’un long flat de trois semaines, pfff…
Et autant vous dire que je plains les revendeurs de néoprène qui doivent avoir encore quelques paires de gants et autres cagoules en stock …
Allez encore deux bons mois pour scorer, on ne demande pas la lune non plus ! pffff….
Des replis qui ont fonctionné certes mais peut-être moins fréquemment qu'à l'accoutumée....
Ceci étant dit pas d’inquiétude le bon surf reviendra tôt ou tard ! Alors mieux vaut ne pas trop se morfondre et garder la condition physique pour être fin prêt les bons jours, regardez deux –trois vidéos de temps en temps sans trop se faire mal et surfez dans vos rêves par imagerie mentale. Cette méthode est très utilisée chez les skieurs pro où on met à profit cette technique de manière formelle. C’est à mon avis une évidence que les meilleurs surfeurs progressent de cette manière en complément de très nombreuses heures de pratique évidemment sans peut-être même en avoir conscience. On regarde une vague, ou on pense à une vague en fermant les yeux et on se voit la surfer. On cherche à ressentir les sensations éprouvées sur chaque virage, sur chaque trajectoire. Voilà les seuls conseils que je peux vous donner pour ne pas trop dépérir dans ces périodes peu prolifiques. Comme vous pouvez le remarquer, ce dernier paragraphe me permet de finir sur une note positive, histoire de ne pas trop faire déprimer mes plus fidèles lecteurs !!!
Après avoir profité ces derniers
temps de nombreuses bonnes sessions sur les bancs de sable de Guidel-Plages avec parfois un peu de monde mais le plus souvent dans une très bonne ambiance, j'ai fini mon paisible lundi par une
session solo de quelques quarts d'heure dans des vagues pas bien grosses et courtes mais fun sur le rocky kodak reef du quartier nommé plus communément "les moules" ! J'ai bien hésité avant
de me mettre à l'eau et les photos en atteste ! Et franchement y'a parfois des mise à l'eau qui se refuseraient si on tenait compte simplement de la qualité des vagues et pas du contexte ni
de l'aspect hygiénique et obsessionnel de la pratique. J'avais juste envie de prendre un bain en toute quiétude ! Tout seul sur une petite roche dans le léger glassy du sunset sur cette fin du
montant, même avec des vagues vrillées par le vent du midi, vous êtes parfois simplement en pleine zenitude. Le spot, le parking et les chemins de ronde sont déserts et ça contraste avec
l'animation de la veille. Morale de l'histoire, le plaisir ne se mesure pas toujours à la qualité des vagues que l'on surfe... sur cette petite phrase je vous laisse mûrir !
Merci à mister "Crousti" de cornflex.fr qui passait par là et a fait quelques clichés pour se détendre, se divertir et profiter tout comme moi de ce calme ambiant où seul le balai des quelques mouettes sur zone a animé cette séquence. coupez.


Puisque l'hiver se profile à l'horizon et que le changement d'heure de samedi prochain en refroidit déjà plus d'un, j'en profite pour vous présenter les combinaisons XCEL ! Car si la marque
originaire d'Hawaii et développé en Californie ne jouit pas du même tapage marketing que les majors du surf business, elle n'en est pas moins largement plébiscitée par nombre de surfeurs locaux
des destinations les plus froides ainsi que par l'industrie du surf biz qui lui accorde depuis 3 ans un SIMA AWARD dans la catégorie BEST WETSUITS OF THE YEAR !!!
Côté détail technique innovant, le Thermobamboo rebaptisé Thermo Carbon à base de bamboo recyclé est vraiment chaud et bonifie notamment les combinaisons d'été et de mi-saison. Intégrale 3/2, 2/2 short sleeves et shorty deviennent des monstres de chaleur pour les journées les plus fraîches et ventées. Mon shorty Infiniti X-Zip est tout simplement le plus chaud que je n'ai jamais porté tout en gardant une très bonne souplesse et m'a permis de le sortir plus fréquemment qu'à l'accoutumée malgré un été pas terrible. Le galonnage intérieur fin empêche toute entrée d'eau et ne cause aucune gêne. La combinaison reste très souple et cela quelle que soit l'épaisseur. Bon faut quand même pas charrier, une 5/4 c'est pas non plus un slip de bain !
Sur la 4/3 Infiniti Drylock, s'ajoute à ces premiers éléments techniques le Airprène lisse sur le buste et le dos qui isole parfaitement. Le patronage de la combinaison est également parfait et la marque propose de toute façon un maximum de demi-taille. Les genoux en Duraflex sont béton et épouse les articulations avec souplesse. Les poignets en forme Drylock que l'on retrouve également sur les hauts de chaussons du modèle haut de gamme limite au maximum les entrées d'eau. Enfin, le néoprène Quick Dry Fiber vous promet un enchaînement de sessions sans démotivation et sans pleurer "Maman j'ai froid j'veux pas y'aller ! ". Bref de la bombe de combinaison que je suis vraiment heureux de porter l'été dans nos eaux fraîches de Bretagne et encore plus l'hiver où les jours de bons surfs glacials, le froid ne vous rebute plus !
Mon planning combi à la maison (les périodes sont évidemment approximatives) :
Janvier-Février :
- 5/4 Hooded Drylock, Booties Drylock 5mm, Gloves Drylock 3mm pour les journées glaciales eau 7 à 9° ; air -2 à 7°
- 5/4/3 Infiniti X-Zip2 ou 4/3 Drylock Booties Drylock 5mm, Gloves Infiniti 1.5mm pour les journées douces et pluvieuses eau 7 à 9° ; air 7 à 14°
Novembre-Décembre et Mars-Avril :
- 4/3 Drylock, Booties Drylock 3mm
Octobre et Mai :
- 3/2 Drylock
Juin et Septembre :
- 2/2 Infiniti short sleeves
Juillet-Août :
- Shorty Infiniti pour les belles journées d'été
- 2/2 Infiniti short sleeves pour les sessions régulières
- 3/2 Drylock pour bouger dans le 29 ! Par exemple, la Baie des Trépassés est le spot consistant le plus froids de Bretagne où il n'est pas rare de surfer dans de l'eau à 13° en été !
Pas besoin de passer l'hiver au coin du feu pour être au chaud !
Pluis d'infos sur : http://www.xcelwetsuits.com/surf/eu
Aujourd’hui de plus en plus de jeunes enfants ou ados apprennent le surf en école avec des moniteurs diplômés ou avec leurs papas surfeurs. Rien à voir avec notre apprentissage 20 ans plus tôt entre copains sur des spots quasi déserts et avec du matériel usagé. La conséquence positive résidait dans l’expression de styles et d’approches de la vague peut-être plus variées et plus atypiques, là où aujourd’hui les jeunes sont formés dans un moule pour la production du même move reproduit à l’identique (j’exagère à peine !), du même off the lip fins out, du même air reverse, … avec analyse vidéo à l’appui.
A l’époque, pas de formalisation des apprentissages, juste quelques conseils de potes et beaucoup d’observation des meilleurs gars du coin à l’eau et juste quelques visionnages de bonnes vieilles cassettes VHS. Pour moi ce fût d’abord le skate sur un bon trottoir pourri dans mon village de Guidel. Pas une courbe à l‘horizon malheureusement… La capacité à faire un ollie ou un slide sur un banc inridable ou un trottoir en granit sans rider modèle nous compliquait énormément la tâche et engendrait une progression relativement lente et laborieuse pour notre crew de skaters. Cette évolution dans la pratique n’en était pas moins stylée et passionnante. C’était l’expression d’une liberté totale qui tend parfois à s’estomper avec l’augmentation de la population et la programmation de séances d’entraînement à heures fixes comme dans les autres sports traditionnels. Mais il reste que pour l’éternité, tous ces savoirs informels qui se transmettent et participe toujours à une dimension très intéressante de l’apprentissage. De père en fils ou entre frère et soeur, de pote en pote, c’est le petit conseil, la petite technique, le petit déclic, le petit plus qui aide à passer la barre, à rentrer le move, en plus d’un matériel plus adapté et évolutif… Cette transmission informelle cela peut être par exemple l’art et la manière de se mettre à l’eau sur certains spots. C’est aussi le mimétisme dans l’exécution de certaines manœuvres ou le « bon geste » pour une qualité de waxage optimale, …
Dans la formalisation de l’apprentissage engendrée par l’explosion des écoles de surf, le step by step gomme au plus vite les moindres défauts. Moins de charme sans doute mais tellement efficace. En Bretagne, il n’y avait qu’à observer au dernier championnat régional espoirs 2011 les purs produits des clubs et écoles de surf ou de fils de surfeurs pour constater à âge égal l’évolution fracassante du niveau local. Des petits gars équipés de shortboards miniatures récitant leurs leçons et proposant des enchaînements de trajectoires d’une maturité étonnante. Est-ce uniquement l’avantage d’un âge précoce auquel ont démarré ces jeunes pousses qui leur donne du niveau ou plutôt l’environnement de l’apprentissage au travers de l’encadrement qui démultiplie l’expression du potentiel de chaque jeune surfeur ? Après, n’oublions pas que les vagues surfées y seront aussi beaucoup pour quelque chose dans le type de surf que vous allez développer. Sur certains spots world class mécaniques, certains locaux affinent les performances des générations précédentes et atteignent un niveau très élevé. Une fois sortis de leur quartier c’est souvent beaucoup plus difficile pour eux de s’adapter à toutes les conditions quand ils n’ont jamais rien expérimenter de très différent.
Thème passionnant, mais il faudrait sans doute quelques années d’études sociologiques pour répondre à cette question complexe sur les savoirs informels et la formalisation des apprentissages dans la pratique des sports de glisse auto-organisés. Si les techniques d’apprentissage ont évolué et si l’internet a fait exploser l’offre d’images à enregistrer en mémoire, l’exemple de l’autorégulation informelle des pratiquants sur les spots surchargés montre encore que les savoirs informels sont toujours bien présents dans la manière que l’on a d’apprendre des techniques. Par exemple, sur un spot que vous ne connaissez pas vous allez observer la mise à l’eau des locaux, leur placement et leurs trajectoires pour tirer le meilleur parti de votre session…
Quel est le poids de ce que l’on peut apprendre de manière informelle dans nos réalisations techniques ? Vaste question, je vous laisse méditer !
Mais pourvu que le plaisir passe avant tout et reste intact …

Une sess à seulement quatre ou cinq sur un bon reef capricieux qui se réveille et même si ce n'est pas la session de l'année, ça n'a bien évidemment pas la même saveur que les nombreuses sorties quotidiennes sur les beachbreaks réguliers ou autres petites roches du coin en pleine foule. Si l'excitation n'est pas la même à l'approche de la session c'est aussi parce que l'on doit attendre parfois des semaines que tous les facteurs se conjugent pour scorer. La bonne marée en plein jour, la houle, le vent, ... et puis pas trop de monde sur le créneau !



L'ambiance du moment participe toujours à l'évocation d'un bon souvenir dans l'eau. Ca tourne au pic, forcément on n'est pas nombreux et ça rigole (mon collègue loss s'est mis une bonne boîte mais a aussi choper la bombe !) Juju Le Prévost (le photographe derrière l'objectif) est à peine sorti de sa nuit d'infirmier qu'il est comme une pile, à pousser à bloc un pote à lui venu juste pour voir et le motive à en prendre au moins une...! Elle ne viendra pas pour lui mais je crois pouvoir vous dire qu'il a passé un bon moment !

Et puis la Nature fait le reste. La lumière du matin en cette belle journée d'été (heu pardon d'automne!) sur le glass mirror, le fracas du rideau qui s'abat sur le caillou, les visions de vagues vierges et des quelques souffles qui passent en remontant au pic sans avoir besoin de faire le moindre canard (on en fait assez comme ça toute l'année !), les late drops tendus au-dessus du rocher (c'est plus dur que du sable quand même !) et les quelques visions de l'intèrieur ... C'était juste la petite histoire d'un bon sunrise on the blocks !